Tien-tsin

Tien-tsin est l’ancien nom donné à la ville chinoise de Tianjin, connue aujourd’hui par la catastrophe qui l’a endeuillée, du fait des explosions survenues au mois d’août 2015. J’ai eu l’occasion de la visiter à deux reprises : l’an dernier, dans le cadre du tournage d’un documentaire de la télévision chinoise, et cette année, pour une table-ronde franco-chinoise. Tianjin est en fait le port de Pékin, situé au sud-est de la capitale, en bordure de la mer jaune, agglomération de quinze millions d’habitants, ce qui en fait la quatrième ville chinoise en nombre de résidents.

Tianjinbynight

L’émission de CCTV9 (la chaîne chinoise spécialisée documentaires) portait sur trois européens présents en Chine au début du XXème siècle. L’un d’eux était Victor Segalen, arrivé à Pékin en 1909, organisateur d’une première expédition archéologique dans la Chine de l’intérieur, puis combattant l’épidémie de peste en 1911 à Shan-hai kouan, avant d’être nommé professeur à l’Imperial Medical College de Tien-tsin. C’est là qu’est né mon père, troisième enfant de Victor. L’équipe de tournage m’a emmené d’abord à la Cité Interdite, puis au Temple du Ciel, avant de me conduire à Shan-hai kouan, là où la Grande Muraille arrive dans la mer, et enfin à Tianjin, retrouver l’ancien Consulat Français et les traces de la concession française, dont il reste quelques bâtiments.

guerrechine

Les concessions étrangères avaient été accordées à la suite de la seconde guerre de l’opium, perdue par la Chine. Ces deux guerres, imposées par les britanniques pour qu’ils puissent vendre à la Chine l’opium récolté en Inde et en Birmanie, ont entraîné le déclin de l’empire chinois, puis sa chute. Au passage, il est intéressant de se souvenir que la mise à sac du Palais d’Été, le Yuánmíng Yuán, ou jardin de la clarté parfaite, a été décidée par la France et l’Angleterre, qui l’ont pillé et brulé comme des vandales.  Situé au nord de Pékin, c’était la résidence des empereurs, avec des jardins magnifiques et des pavillons remplis de trésors de l’art chinois, volés, saccagés et détruits par les gouvernements occidentaux de cette époque.

palaisdete2014

 Le deuxième séjour à Tianjin, mi-octobre 2015, s’est déroulé dans le cadre des tables-rondes franco-chinoises organisées par la Fondation Victor Segalen, dont le sujet cette année m’intéressait particulièrement : L’impact de la révolution numérique sur l’évolution des sociétés occidentales et chinoise. Les trois thèmes qui ont été abordés ont permis des échanges très intéressants :

  • L’Internet Plus et le développement économique, avec l’évolution des modes de production, l’émergence de nouveaux modèles d’entreprises, la transformations des modes de consommation, et les problème de législation et de sécurité des réseaux.
  • Le numérique et la santé, avec la promotion du « smart-aging » et la télé-médecine.
  • Les transformations des secteurs éducatifs et culturels, avec l’éducation numérique et l’enseignement individualisé, pour terminer par les contenus culturels et le partage de ces contenus.

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Internet plus est la version chinoise  de ce qu’on appelle le  web 3.0, ou plus exactement un plan d’action pour stimuler la croissance en intégrant Internet dans les industries traditionnelles. Le vieillissement de la population en Chine (du fait de la politique de l’enfant unique, qui vient d’être remise en question) et l’éloignement des populations des campagnes, font que la télé-médecine devient une priorité.

Pour la troisième session relative à l’éducation, j’ai parlé des MOOCs et de la notion de classe inversée. Côté chinois, ils ont une université dite « ouverte », pour un enseignement à distance comparable à ce qu’on fait en France avec le CNED. Mais le véritable impact de ce que nous sommes en train de vivre avec la révolution numérique, j’ai l’impression que très peu de gens s’en rendent compte, en Chine comme en France. Il est vrai que nous n’en sommes qu’au début.

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