Canyon

J’ai toujours aimé les torrents, les ruisseaux et les rivières, et souvent pratiqué la descente en canoë et/ou kayak, dans différentes régions et différents pays. Ce sport peut aussi être dangereux, si on s’aventure imprudemment dans certains tronçons, justement appelés rapides. Quand il s’est agit de proposer à quelques amis et à nos enfants un parcours aquatique accessible à tous les âges, j’ai suggéré d’aller en Espagne, en Aragon, et de descendre à pied les canyons. C’était en 1991.

canyon pano

Nous nous sommes retrouvés d’abord dans le Gers, puis nous sommes partis traverser les Pyrénées, vers la province de Huesca, dans un camping près du village d’Alquezar (nom d’origine arabe). Deux voitures, quatre tentes, quatre adultes et sept enfants, de cinq à dix-sept ans. C’était début août, et nous étions quasiment tout seuls dans ce camping, qui venait d’être aménagé, et avait été inondé par une crue importante quelques temps avant notre arrivée. Notre guide était un petit livre que j’avais trouvé, écrit par des canyoneurs (sympas), décrivant les accès et les éventuelles difficultés de ces parcours.

canyon corentinL’avantage d’être au fond des canyons, est que c’est le seul endroit où il fait frais, et qu’on peut se baigner, alors que les plateaux sont des déserts brûlants et arides. Et quand je dis qu’on peut se baigner, en fait on y est contraint, le seul passage étant un bief, canal du torrent entre deux murailles de roches, ou un siphon, où l’on est obligé de plonger sous un bloc pour traverser un chaos de rochers. À cause du contraste avec la température extérieure, nous avions l’impression que l’eau était glacée, et nous n’avions aucun équipement genre veste ou combinaison de plongée. Juste nos maillots de bains, un tee-shirt et nos tennis pour marcher dans l’eau, et un bateau gonflable pour faire passer les petits.

canyon bateauLa première descente que nous avons faite était le Rio Vero. Huit kilomètres, cinq heures de marche dans des paysages magnifiques, gorges et chaos, baignades. Au départ, une sorte de toboggan inquiétant, seul passage vers l’inconnu, sans savoir si l’on pouvait éventuellement revenir en arrière. Et effectivement, impossible de retourner sur nos pas… Nous avons ensuite suivi le lit de la rivière, en s’arrêtant pour pique-niquer et reprendre des forces. À certains endroits, la couleur de l’eau, émeraude, était magnifique. Juste vers la fin, un petit passage impressionnant, ou nous devions sauter dans un trou où l’eau s’engouffrait, dans une grotte sombre, sans aucune visibilité. Mais on s’en est sorti !

canyon grotte

C’était une sorte d’aventure, où il fallait prendre des repères sur une carte -pas de GPS à cette lointaine époque-, évaluer les difficultés, grimper dans des endroits sauvages, redescendre par des sentiers escarpés, sauter de roche en roche et plonger dans des cascades, tout en admirant les aigles tournoyant au dessus de nous. Nous déposions une voiture à l’arrivée, afin de pouvoir aller chercher l’autre voiture restée en haut du parcours (technique classique que j’utilisais déjà pour les descentes en kayak).

canyon basile

En une semaine nous avons descendu plusieurs canyons, et terminé par le Rio Barrasil,  qui est la suite et fin d’un autre parcours très sportif appelé Gorgas Negras, les gorges noires… mais celui-ci est relativement facile, avec de longs biefs au fond de grandes falaises rocheuses.

canyon barrasil

Tout le monde a bien aimé, à tel point que nous y sommes retournés l’année suivante, avec d’autres amis et d’autres enfants, pour d’autres descentes et encore d’autres ballades. De nos jours, je crois qu’il vaut mieux éviter la période des vacances, à cause de l’affluence sur les confluents… Et si ça vous tente, vous pourrez trouver des idées sur ce site.

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