Les figurines de bois de T’ou-Sè-Wè

Cet été, en cherchant un livre pour faire un cadeau d’anniversaire, nous en avons recherché la référence sur Internet. La liste des librairies parisiennes susceptibles d’en avoir un exemplaire était succincte, pour ainsi dire réduite à sa plus simple expression, et au lieu de passer par le tarif express prohibitif d’Amazon, nous avons contacté directement l’éditeur. Après avoir laissé un message sur une boîte vocale, nous avons été rappelés dans la demi-heure qui suivit. L’adresse était toute proche de là où nous étions, et nous voilà partis pour faire notre achat de dernière minute.

Les figurines de bois de T'ou-Sè-Wè

Les bureaux de ce petit éditeur (Équateurs) se trouvent au dernier étage d’un vieil immeuble du Quartier Latin. Le livre était bien là, mais nous avons eu le plaisir d’en découvrir d’autres, et nous sommes repartis avec un grand sac plein de trouvailles. L’un de ces livres a particulièrement attiré mon attention. Il raconte l’histoire extraordinaire de la découverte d’une malle, oubliée depuis soixante-dix ans, contenant un véritable trésor : les figurines de bois de T’ou-Sè-Wè.

T'ou-Sè-Wè

L’arrière grand-père du propriétaire de la malle était l’amiral commandant en chef des forces françaises en extrême-orient, Jules Le Bigot, un breton de Saint-Brieuc, chargé de défendre la concession française de Shanghai en 1938, menacée par la guerre sino-japonaise. Ayant pris parti contre les japonais, et aidé les réfugiés chinois en autorisant ceux-ci à s’installer dans la concession, les jésuites de l’orphelinat de T’ou-Sè-Wè, situé dans un quartier limitrophe (maintenant Tushanwan) lui ont offert cette malle, contenant une centaine de figurines sculptées en bois, réalisées par les apprentis artisans de l’orphelinat.

T'ou-Sè-Wè

Ces figurines représentent des personnages et des scènes de la vie quotidienne du début du siècle à Shanghai. Elles ont toutes une taille d’une douzaine de centimètres en hauteur, et couvrent les activités des paysans, artisans, pêcheurs, commerçants, colporteurs, notables. Elles sont très semblables, très finement sculptées, et certains détails colorés à la peinture.

T'ou-Sè-Wè

La plupart d’entre elles représentent des métiers aujourd’hui oubliés : porteurs d’eau, vendeurs de pousses de soja, marchands ambulants, etc. D’autres montrent les supplices de l’époque, d’autres encore les fumeurs d’opium, il y a aussi un mariage, des joueurs de Mah-jong, …

T'ou-Sè-Wè

T'ou-Sè-WèUne de mes préférées est la table de restaurant, avec le détail des plats chinois, la théière, les baguettes, il ne manque que le plateau tournant… Ces figurines ont fait l’objet d’une exposition fin 2014 à Lyon, et j’espère qu’elle pourra être montrée à d’autres endroits. Le livre, bilingue français-chinois,  est très bien documenté. Vous pouvez le commander directement chez l’éditeur

photographies © éditions des équateurs

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