Robots

Le mot robot a été employé pour la première fois au début du 20ème siècle par Karel Čapek, auteur tchécoslovaque de théâtre et de science-fiction, à partir du mot slave robotovat, qui veut dire travailler. Il y a un an, je me suis acheté un robot, qui passe la toile sur les tomettes de ma maison, et j’en suis très content : je dirais même qu’il me fascine, je peux rester des heures à le regarder, comme disait Jerome K. Jerome, à propos du travail, dans Trois hommes dans un bateau.

L’idée d’une machine qui remplacerait l’homme est ancienne, les premiers automates étant des poupées animées par des mécanismes simples, façon marionnettes. Le plus célèbre, le Turc mécanique, a été fabriqué au 18ème siècle par Johan Wolfgang von Kempelen, et représentait un homme enturbanné jouant au jeu d’échecs. Un véritable joueur se cachait dans la table, et manipulait le bras articulé de l’automate. Cet attrape-nigaud a été montré dans toute l’europe pendant le 19ème siècle, battant au passage de nombreuses têtes couronnées, jusqu’à l’empereur Napoléon.

À partir du 20ème siècle, accompagnant les progrès de l’ère industrielle, ces inventions ont nourri l’imaginaire, et on a commencé à voir dans la littérature, puis dans le cinéma, les menaces potentielles de ces créatures inventées par l’homme, avec l’idée qu’elles dépassent nos capacités physiques et intellectuelles, et qu’elles finissent par nous détruire, de la même manière que dieu ayant créé l’homme à son image, ce dernier l’a maintenant supprimé (à moins que ce soit l’inverse, selon votre conception Nietzschéenne du divin). L’auteur de science-fiction Isaac Asimov a même imaginé les trois lois de la robotique, à la façon des dix commandement, pour introduire un système de valeurs, une sorte de moralité, chez les robots, afin d’éviter la destruction de l’humanité.

Metropolis, de Fritz Lang, les romans et les films de science-fiction des années 50, les bandes dessinées, la saga des Terminator (interprété par un ancien gouverneur de Californie), ou plus récemment la série Hobots, montrent ces craintes, et alimentent les fantasmes, allant jusqu’à l’utilisation de robots pour assouvir nos désirs. Ci-dessous, quelques planches de BD, qui illustrent fort bien ces idées, depuis Hergé, en passant par Spirou, Moebius, et bien sûr le célèbre Barbarella de Forest.

Le Manitoba ne répond plusQuatre aventures de Spirou et Fantasio BarbarellaL'Incal

Ce qui se dessine aujourd’hui, à l’ère de l’intelligence artificielle et de l’internet, est un monde où les robots vont prendre de plus en plus de place dans nos vies. Les progrès sont impressionnants, les vidéos de la société Boston Dynamics, rachetée de Google, sont époustouflantes. Écrit il y a maintenant douze ans, le livre Robots, genèse d’un peuple artificiel, donne la liste à peu près exhaustive des utilisations de robots dans l’industrie, dans le domaine militaire, médical, artistique, ludique, et aborde aussi la domotique. Mais ce livre ne parle pas des drones, qui en peu de temps ont envahi l’espace aérien et ludique (j’en ai deux dans ma grange…), ni des objets connectés (ou IOT, internet of things), qui ont aussi un bel avenir.

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